Viande et cancer : le rapport de l’OMS qui nous divise.

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Le centre national de recherche contre le cancer (le CIRC) et l’Organisation Mondiale de la Santé (l’OMS) ont publié cette semaine un rapport choc qui relie la consommation de viande au cancer. Basée sur une étude de 800 cas de cancers sur l’homme, ce rapport divise et interroge.

Pas facile de démêler le vrai du faux dans la polémique soulevée par le rapport du CIRC et de l’OMS. A l’heure des questionnements, un petit point sur ce qu’on sait aujourd’hui du rapport entre la consommation de viande et le risque de cancer.

Le rapport d l’OMS nous met en garde contre toute sorte de viande.
FAUX. Le rapport de l’OMS ne concerne que la viande rouge et la viande transformée. Par viande rouge on entend tous les types de viandes issues des tissus musculaires de mammifères comme le bœuf, le veau, le porc, l’agneau, le mouton, le cheval et la chèvre. Par viande “transformée” l’OMS et le CIRC font référence à la charcuterie, aux saucisses de Francfort, au corned-beef, à la viande en conserve ou encore aux sauces à base de viande : tout ce « qui a été transformée par salaison, maturation, fermentation, fumaison ou d’autres processus mis en œuvre pour rehausser sa saveur ou améliorer sa conservation ».

La viande rouge est “probablement” cancérigène.
VRAI.
Contrairement à la viande transformée jugée “cancérigène” la viande rouge n’est pas considérée avec certitude comme nocive pour la santé. Comme tous les aliments, il est nécessaire de faire attention à sa consommation et de ne pas en abuser.

L’OMS fonctionne avec des classifications très rigoureuses.
VRAI. Voici les différents groupes établis par le CIRC et leur signification :
–    Groupe 1 = «l’agent est cancérigène pour l’homme»
–    Groupe 2A = «l’agent  est probablement cancérigène pour l’homme».
–    Groupe 2B = «l’agent pourrait être cancérigène pour l’homme»
–    Groupe 3 = «substance non classifiable quant à sa cancérogénicité pour l’homme»
–    Groupe 4  = «l’agent n’est pas probablement pas cancérigène pour l’homme»

Les aliments sont classés dans ces groupes suite à des études épidémiologiques. Par ces classifications, le CIRC décrit la force des données scientifiques, mais le niveau du risque. Dans le groupe 1 on retrouve la viande transformée, le tabagisme ou l’amiante. Ça ne veut pas dire que consommer de la viande est aussi dangereux que de fumer des cigarettes, mais simplement qu’on a constaté des cas de cancers colorectal, du pancréas ou de la prostate qui y sont directement liés. En inscrivant la viande rouge dans le Groupe 2A cela signifie que qu’on a trouvé une association entre la consommation de ces aliments et des cas de cancer, mais que d’autres explications ne sont pas exclues.

Cancérogène et cancérigène, c’est pareil.
FAUX. Les deux termes sont souvent employés indifféremment l’un pour l’autre. Néanmoins, “cancérogène” désigne plutôt ce qui favorise l’apparition d’un cancer tandis que “cancérigène” désigne davantage ce qui favorise le développement d’un cancer.

De nombreuses personnes sont décédées suite à cancer provoquée par la consommation de viande.
VRAI et FAUX.
Selon l’organisme de recherche indépendant Global Burden of Diseases Projetc, que reprend un article du Monde, 34 000 décès par cancer seraient dus, chaque année, à une alimentation riche en viandes transformées. 50 000 en ce qui concerne les régimes riches en viande rouge. C’est beaucoup, mais en comparaison  le tabagisme provoque 1 million de décès par cancer par an, l’alcool 600 000, et la pollution atmosphérique 200 000.

Il faut arrêter de manger de la viande.
FAUX.
Le lien entre consommation de viande et cancer est connu depuis une dizaine d’année par les spécialistes. Comme de nombreux autres aliments, il ne faut pas en abuser. C’est ce qu’à expliqué Boris Hansel, endocrinologue et nutritionniste à l’hôpital Bichat lorsqu’il a pris l’antenne sur Europe 1. Il estime qu’en “nutrition, tout est une question d’équilibre… comme pour l’alcool”. Même les auteurs de l’évaluation fournie par l’OMS ne recommandent pas une alimentation végétarienne, lors de leur entretien pour le Huffington Post. Les régimes carnés ont “des avantages et des inconvénients différents pour la santé”. En effet, la viande fournit du fer, du zinc, des protéines et des vitamines B.

Malgré les nombreuses études, le cancer reste une maladie complexe. Il est donc nécessaire de prendre du recul face à ce rapport choc, et ne pas sombrer dans la paranoïa. L’essentiel, et les médecins se recoupent là-dessus, c’est de manger équilibré et de ne jamais abuser des bonnes choses. A un mois de noël, ces conseils porteront-ils leurs fruits ?

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