« L’Hyperloop français ? J’y crois »

Mode de transport futuriste imaginé par Elon Musk en 2013, l’Hyperloop doit permettre, à terme, de couvrir la distance entre Los Angeles et San Francisco en une demi-heure seulement. Un projet similaire est à l’étude en France, pour relier Lyon et Saint-Etienne en 8 minutes, contre 45 minutes actuellement. Rencontre avec l’universitaire Christian Brodhag, le porteur de ce projet d’Hyperloop made in France.

Christian Brodhag est engagé dans le développement durable depuis près de quarante ans. Alors les rouages de la politique et les projets innovants, il connaît. Responsable environnement chez les Verts, puis délégué à la Commission française du développement durable, il fait partie de ces irréductibles qui travaillent à l’avènement d’un futur moins pollué. Son attention s’est donc logiquement portée sur l’Hyperloop, ce mode de transport par sustentation magnétique imaginé en 2013 par l’entrepreneur Elon Musk. Depuis 2014, il travaille à la déclinaison française de ce projet de recherche industriel. Pendant un an, il a notamment mobilisé les élèves de l’école des Mines de Saint-Etienne pour plancher sur le sujet : « On a toujours eu des réflexions autour du transport alternatif. Aujourd’hui, le rail est partout, mais avec cette dynamique américaine autour de l’Hyperloop, on peut imaginer appliquer ce système innovant en France. J’y crois. »

 

400 km/h au lieu de 1200 km/h

L’Hyperloop français ne serait pas aussi rapide que son cousin américain. Il faudrait se contenter d’une vitesse de pointe de 400km/h, à cause des nombreux virages qui parsèment le parcours entre Saint-Etienne et Lyon. Loin, donc, des 1200 km/h atteints par la navette américaine lors de premiers essais concluants dans les grandes plaines désertiques du Nevada, en mai 2016.

L'Ecole des mines à Saint-Etienne - Romane Mugnier
L’Ecole des mines à Saint-Etienne – Romane Mugnier

Pour l’instant, cet Hyperloop à la française n’est qu’à l’état de projet. D’autres initiatives similaires sont d’ailleurs à l’étude, en France (Lille, Marseille) et ailleurs en Europe, notamment pour relier Bratislava et Vienne en seulement 8 minutes. Pour développer le projet en région Auvergne-Rhône-Alpes, Christian Brodhag n’a pas eu de comptes à rendre à Elon Musk. Il s’est appuyé sur le programme de recherche, accessible en open source, pour faire travailler ses élèves. Durant plusieurs mois, ces derniers ont évalué le prix de cette technologie, les données techniques et matérielles nécessaires à sa fiabilité, ainsi que l’acceptation par la population de cette nouvelle forme de transport. Désormais, Christian Brodhag veut concentrer ses efforts sur la recherche de partenaires industriels locaux, avant de monter une équipe de scientifiques et de chercheurs. Côté financements, la région pourrait se charger intégralement du projet, mais Christian Brodhag continue de chercher des mécènes privés et publics qui voudraient bien se lancer dans l’aventure.

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