La triche, tolérée ?

A quelques jours du bac, et presque un mois après les partiels, c’est un sujet qui fâche. 79,7% des étudiants français, d’après le journal Marianne, reconnaissent avoir déjà triché pendant un examen, que ce soit au collège, au lycée ou à la fac. Face à ce pourcentage aberrant on ne peut qu’acquiescer. En effet, en tant qu’étudiante, je suis confrontée à cette réalité quotidiennement.

 

Vers un phénomène qui se généralise ?

Les raisons de ce comportement sont multiples : peur de l’échec, manque de confiance en soi, difficulté à apprendre son cours. Mais c’est avant tout une solution de facilité. Les « tricheurs » ne sont pas forcément de mauvais élèves, il m’est souvent arrivé de surprendre en prépa des étudiants sortir une sèche, s’échanger un brouillon lors de l’examen ou regarder discrètement leur téléphone, c’est un phénomène qui touche à peu près tout le monde. Certains s’en serviront pour égayer leurs dissertations de citations de grands noms, rajouter des détails historiques (dates, évènements, noms d’ouvrages), d’autres pour recopier des définitions, des notions, ou des formules. Chacun y voit une manière de se réconforter, et de s’assurer d’une meilleure note. On a tous entendu le discours du « beau tricheur » qui ne se sert de ses fiches qu’en cas de panique, de stress qui provoquerait un oubli partiel de ses connaissances. Même si cela arrive parfois, ce n’est que rarement le cas, les bons élèves s’en servent pour viser l’excellence, les moins bons pour atteindre le niveau nécessaire au passage sans devoir accumuler des connaissances.
Il est difficile d’être neutre sur ce genre de sujet, surtout lorsque l’on est étudiante, très angoissée, avec beaucoup de pression parentale, et souvent tentée par la triche sans néanmoins n’y avoir jamais mis les pieds.

 

Et si ça arrive en plein concours ?

C’est souvent frustrant de s’apercevoir que son voisin se contente simplement de recopier son téléphone pour avoir le double de notre note, et ce malgré un travail intensif. Que ce soit en partiel de chinois, de communication, ou d’histoire, il y a toujours un étudiant qui sera là pour vous rappeler que votre copie sera comparée à celle d’une personne capable d’écrire mot pour mot le cours grâce à ses antisèches.
Plus qu’une frustration, il y a aussi la peur que, pour des concours nationaux (ENS, Ecole de Journalisme, Concours administratifs, Médecine) notre copie soit confrontée à celle de tricheurs contre lesquelles, il faut se rendre à l’évidence, on ne pourra jamais lutter.

Alors certes, la triche permet à certains élèves d’arriver plus confiant en examen, et de ne pas devoir apprendre des notions parfois « inutiles » et « barbantes », mais elle remet surtout complètement en question la fiabilité des diplômes. Lors d’une postulation pour un emploi, un master, un stage… Qu’est-ce qu’il vaut mieux ? Un CV constitué d’excellentes notes obtenues par la triche, ou un CV « moyen » d’une personne qui a toujours évité de sombrer dans cette facilité ? Pour le recruteur, le dossier représente l’étudiant, son choix se tournera inévitablement vers le meilleur élève, même s’il a peut-être concrètement un bien moins bon niveau que l’autre.

Alors que le phénomène se généralise, se simplifie même grâce aux nouvelles technologies, les diplômes et les notes sont-ils fidèles ? Représentent-ils réellement l’étudiant ? Sans aucune mesure de surveillance pendant ces examens, il ne sera pas étonnant que le bac puis les licences perdent progressivement toute leur valeur.

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